dimanche 8 février 2009

Louis Ville




Louis Ville m'a été présenté par Eric le vendeur de choc de Rue Stendhal. Je suis allé à son concert à reculons avec le mot "chanson française de gôche" comme épouvantail. Honte à moi l'univers de Louis Ville s'est avéré passionnant et le personnage attachant.

-Comment décrierais-tu ton univers à quelqu'un qui ne le connaît pas?


Très difficile de caser mon "monde" dans un seul tiroir. Il est le reflet de quelques dizaines d'années d'assimilation de musiques en tous genres, classique, punk, rock, hard, cold, brit pop, chanson, country, blues, musette, musiques du bassin méditéranéen, des Balkans, et j'en oublie très certainement.
Inclassable mais dans lequel on se retrouve, une certaine vision de la vie avec ses hauts et ses bas.
Grand écart entre ballades douces et intimistes et rock très violents dans le propos et dans la forme.

-Tu es dans le "monde de la chanson" depuis longtemps vis à vis de la crise du disque (et de la crise tout court) j'aimerai connaître ton analyse à la lumière de ton expérience. Tu vois des solutions, des nouvelles manières d'aborder l'activité d'auteur/compositeur?


Il est un lieu où l'on pourra toujours s'exprimer, c'est la scène.
Devant la multiplication de l'offre de qualité, le piratage, le marketing de masse, un des seuls moyen de lutter est le live.
Il ne faut peut-être plus espérer s'enrichir dans ce métier mais vivre en tant que tel est déjà très beau si tant est que l'on est mu par une passion.

-On parle beaucoup de "nouvelle chanson française" mais bon ne penses-tu pas qu'il y'a un coté passéiste chez les Delerm, Benabar & co, comme si le rock n'avait jamais existé
Peut-on imaginer un instant que ces personnes bien que respectables soient le reflet de la nouvelle chanson française ?


ils ne sont pas plus novateurs que ça et Gainsbourg en son temps l'était mille fois plus.
Le rock fait partie de notre culture, il n'a rien de ringard, je revendique cet héritage de rébellion, de l'underground et de la violence contestataire.

-Ce que tu déteste dans ton métier et ce que tu aimes?
L'incertitude permanente (peut-être...)
La jouissance de la scène.


-Ton avis sur la polémique Siné/Val (tu as le droit de t'en foutre).


J'ai suivi cela de loin.

Ils sont un peu casse burnes avec leur discours sur l'éthique et la morale ces nouveaux censeurs, un chat est un chat, pas de gant avec les cons de tous bords et de toutes religions.
Il est fort déplaisant de voir des gens changer au point de plus être à leur place dans le rôle qu'ils veulent tenir.

-Il y'a beaucoup d'humour dans tes prestations scéniques, tu as des influences en la matière.


J'adore Dieudonné même s'il me déconcerte parfois hors champ. Sur scène, c'est un grand !
Elie kakou aussi !


-Tes projets (je sais c'est une question bateau mais qui permet de faire ta promo)


Le prochain album doit sortir en avril 2009, il me prend beaucoup de temps actuellement. Suivront des concerts en trio et solo pour la promo de celui-ci.

-Pour finir y'a t'il des artistes que tu aimes et qui pourraient surprendre. On a souvent des perceptions caricaturales des gens et par exemple on imaginait pas Brassens écouter Abba. Donc si tu le veux surprend nous!!

Difficile de surprendre de nos jours, tout le monde est capable de connaître ce qui est, a été...
J'aime Robert Wyatt, les violent femmes, john Hammond et tant d'autres.
Merde !
Je ne suis pas surprenant...


-Un dernier mot-voilà ma carte blanche:


Je ne me voudrais plus jeune que pour une seule et unique chose :
être révolutionnaire en ces temps de "moutonnerie", avoir le charisme à mobiliser les foules et foutre sur la gueule à tous ces casseurs de rêves, droite et gauche confondus.



www.louis-ville.com

2 commentaires:

bobby jameson a dit…

Louis, Sorry I'm so slow. I just found your leter to me on facebook and thought I better respond to you.
Bobby

bobby jameson a dit…

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